Narcisse Quellien

la-roche-derrien-quellien-dinerNarcisse Quellien est né le 27 juin 1848 à La Roche-Derrien dans les Côtes d’Armor, fils de Guillaume-Marie Quellien, cordonnier, et de Françoise Jaffrezou, tricoteuse. Il meurt le 16 mars 1902 à Paris renversé par une voiture automobile. Il est poète et ethnographe de langue bretonne, auteur d’Annaïk (1880) et de Breiz (1898). Il fait ses études secondaires au Petit Séminaire de Tréguier dans les Côtes d’Armor.

Sur la photo Narcisse Quellien est le 2e en partant de la droite; Ernest Renan est assis sur le banc à gauche.

Narcisse Quellien parcourt son pays pour recueillir des chansons populaires. Il est l’auteur de « Chansons et danses des Bretons » paru en 1889. Il est l’ami d’Ernest Renan grâce auquel il obtient un emploi aux archives du Ministère des Affaires Étrangères.

Il est à l’origine de l’idée du « Dîner celtique », banquet annuel rassemblant des Bretons et sympathisants de la Bretagne vivant à Paris.

Le Dîner celtique a été un banquet annuel rassemblant des Bretons et sympathisants de la Bretagne vivant à Paris à partir de 1878. Il était l’occasion de discours, de déclamation de poèmes et de chants en chœur. Il a une postérité au XXIe siècle, car une manifestation au nom identique a lieu à Paris depuis 2007.

Fondation du Dîner celtique : les Bretons de Paris se sont réunis pour des banquets, par exemple sous l’égide de l’Académie celtique, à partir de 1810. Alphonse de Lamartine (non-Breton, mais, marié à une Galloise et passionné par la Matière celtique), Auguste Brizeux, Félicité de Lamennais, François Broussais, Auguste Hilarion de Kératry, Paul Eugène Lanjuinais les ont fréquentés sous la Monarchie de Juillet. En 1877, Paul Sébillot, qui participera aussi aux Dîners celtiques, fonde l’association La Pomme avec ses banquets, qui réunit des Bretons et des Normands de Paris.

Le premier Dîner celtique a lieu en mai 1878, au Café d’Alençon, à Paris, et réunissait à l’origine, principalement des linguistes spécialistes de breton et des langues celtiques. Les premiers noms cités sont Henri Gaidoz, Joseph Loth, Henri d’Arbois de Jubainville, François-Marie Luzel, l’abbé Louis Martin, Hamonic, bibliothécaire au Ministère de l’Instruction publique et, surtout, l’écrivain et poète Narcisse Quellien, qui semble en avoir été un organisateur et un animateur permanent. Selon Ernest Renan, l’idée serait venue d’Henri Gaidoz, mais elle est plus généralement attribuée à Quellien.

En juin 1879, le banquet se tient dans l’Hôtel de la Marine, toujours dans le quartier de Montparnasse. Le nombre de convives s’élargit, grâce à l’entregent d’Henri Gaidoz, professeur à l’École pratique des Hautes Études. On y voit Henri Martin, Eugène Rolland, Paul Sébillot et Anatole de Barthélémy. Jusqu’en 1880, il est dénommé Dîner de la Société celtique. De 1880 à sa mort en 1888, Ernest Renan en fut désigné comme le président à vie, ce qui donna, quelque temps, à la réunion une réputation de rassemblement anticlérical, ou même de francs-maçons et d’athées qui fit l’objet d’attaques de la part des Bretons catholiques. Plus tard, des personnalités comme le créateur du journal, Le Globe, Alexandre Bertrand, l’égyptologue, Arthur Rhône et le celtologue, Théodore Hersart de la Villemarqué participent à cet événement de plus en plus fréquenté.

Hormis une tentative, qui fut un échec de le décentraliser à Quimper, en 1885, le Dîner celtique eut toujours lieu à Paris. De rassemblement de celtisants et de poètes, il en vint à rassembler l’élite intellectuelle des Bretons et de leurs amis habitant dans la capitale. Dans le Journal des Bretons de Paris, en 1894, Il est énuméré de nombreuses personnalités des arts et de l’Université qui y ont participé : Ernest Psichari, gendre de Renan, Ary Renan, Louis-Albert Bourgault-Ducoudray, Alfred Guillou, Henri Mauger, Nibor, Louis Tiercelin, Charles Monselet, François Coppée, Yann Nibor (Albert Robin), Eugène Le Mouel, … Le décès accidentel de Narcisse Quellien en 1902 amène Paul Sébillot, beau-frère du ministre et directeur de journaux, Yves Guyot, à prendre la relève de l’organisation, tandis que Charles Le Goffic en prend la présidence. Le 24 mai 1902, une douzaine de participants inaugurent cette nouvelle période dont Charles Le Goffic, Paul Sébillot, A. Hamon, Eugène Galland, Jean Pleyber, Léon Durocher, Olivier de Gourcuff, Maurice le Dault, Théophile Poilpot, Paul Renimel. En septembre 1903, le rendez-vous du Dîner est fixé le jour de l’inauguration de la statue d’Ernest Renan, à Tréguier et Anatole Le Braz, y fit le plus long des discours, au nom des Bretons de Paris, bien qu’ayant quitté volontairement la ville vingt-cinq ans plus tôt. Selon le principal historien des Bretons établis à Paris et dans sa région, Armel Calvé, les discours et interruptions ont souvent reflété les différents idéologiques, intellectuels et artistiques des participants. Les positions d’un Quellien faisant de La Villemarqué, « notre maître à tous » ou de Charles Le Goffic, estimant, en 1902, devant de nombreux républicains que « le monument de Hoche à Quiberon est une œuvre de haine » ne manquèrent pas de créer des oppositions.

 

 

 

 

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