Musée Albert Kahn (92)

Foire aux cochons sur la place du Marchallac'h. Lannion, Côtes-dL’héritage d’Albert Kahn. Albert Kahn naît en 1860 dans une famille juive alsacienne. L’année 1870 est marquée par la guerre franco-allemande et la mort de sa mère. Employé à la banque des frères Goudchaux à Paris, à partir de 1876, ses qualités de courtier lui permettent de faire fortune. Il fonde son propre établissement bancaire en 1898. Convaincu que la connaissance des cultures encourage le respect mutuel entre les peuples, il met en place diverses fondations, en1898. Il contribue à créer une mémoire iconographique du monde. De 1909 à 1931, des campagnes de prises de vues menées par ses équipes dans une soixantaine de pays constituent les Archives de la Planète (72 000 plaques autochromes – premier fonds au monde – et 180 000 m de films noir et blanc). Le krach boursier de 1929 ruine Albert Kahn. La préfecture de la Seine achète en 1936 sa propriété de Boulogne dont il conserve l’usufruit jusqu’à sa mort en 1940. À partir de 1986, les jardins de 4 hectares sont restaurés et un musée est fondé par le Conseil général des Hauts-de-Seine pour valoriser le fonds par des expositions temporaires.

En juin 1907, la Société Lumière commercialise le premier procédé industriel de photographie couleur : la plaque autochrome. C’est une révolution. Cantonnée durant tout le XIXe siècle à représenter « l’habit noir des choses », selon l’expression des frères Goncourt, la photographie peut enfin se parer des couleurs de la vie.

La Bretagne est l’une des premières destinations des opérateurs cinématographiques des Archives de la Planète en France. Le Musée Albert Kahn conserve les reportages des principaux lieux parcourus : Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan. Les collections datent de : 1912, 1915, 1920, 1929. Ce sont principalement des Autochromes (environ 840 plaques dont environ 390 du Finistère et plus de 210 du Morbihan), des films noir et blanc et des films en couleurs. Ces collections sont numérisées.

A041106Plusieurs opérateurs des Archives de la planète sont envoyés en Bretagne, notamment, Auguste Léon (Ile-et-Vilaine en 1915), Georges Chevalier (le Finistère, le Morbihan, les Côtes d’Armor en 1920 et le golfe du Morbihan et la Loire- Atlantique en 1924) et Roger Dumas (Locronan en 1929). À partir de 1912, Albert Kahn envoie aussi des opérateurs cinématographiques. Le marché de Quimperlé et le pardon de Saint-Jean du Doigt sont filmés en 1912. Au mois de mars 1920, Lucien Le Saint sillonne le Finistère. Il procède à un méticuleux travail de documentation et réalise des prises de vue à Brest, Plogoff, Douarnenez, Audierne, Quimper, Roscoff, l’Ile de Batz, Morlaix et Plougastel-Daoulas. En juillet, Camille Sauvageot filme Pont-Aven et poursuit sa mission dans le Morbihan. L’année suivante, Lucien Le Saint montre les aspects les plus pittoresques de Saint Guénolé et Penmarc’h à l’occasion de la fête des Cormorans. Après une brève mission d’Auguste Léon à Vitré en 1915, Georges Chevalier et Roger Dumas sont envoyés dans le Finistère, les Côtes-d’Armor, le Morbihan (1920, 1924, 1929) et la Loire-Atlantique (1924). À la différence du reportage, ici nulle précipitation, une fois arrivé, l’opérateur effectue un tour de reconnaissance. Son regard va de la vision globale jusqu’à l’arrêt sur un détail. Les portraits en costumes sont un motif particulièrement séduisant pour l’usage de la couleur. Selon la méthode ethnographique préconisée pour certains sujets, les personnages sont photographiés de face et de dos afin de conserver la description la plus complète. Une particularité de la démarche de Jean Brunhes est de privilégier la photographie de petites foules car plus que l’individu isolé, c’est l’image de l’homme intégré dans la collectivité, situé au sein du groupe ethnique, saisi dans la vérité du contexte de sa vie courante, de son habitat, de son activité qu’il importe de fixer.

14 au 21 juillet 1929, Roger Dumas et Camille Sauvageot, opérateurs des Archives de la Planète d’Albert Kahn, effectuent une mission à Locronan (Finistère) pour garder une trace de la célèbre procession de la grande Troménie. Un pèlerinage en l’honneur de Saint-Ronan qui se déroule tous les six ans depuis des temps ancestraux. Elle a été photographiée en couleurs mais aussi filmée en noir et blanc et en couleurs. L’association entre images fixes et images en mouvement, en noir et blanc et en couleurs, apporte une réponse complète à la démarche documentaire. Enfin Jules Gervais-Courtellemont s’attache à transmettre des atmosphères évocatrices, comme au bois d’Amour à Pont-Aven, et à capter le mystère des mégalithes en fin de journée. Ses autochromes révèlent l’imaginaire collectif attaché à ces lieux, entre légende et invitation au voyage.

Ces différentes missions ont fait, en partie, l’objet de l’exposition « Bretagne : Voyager en couleurs» présentée au musée Albert-Kahn du 20 octobre 2009 au 29 août 2010.

http://albert-kahn.hauts-de-seine.net/fileadmin/images/Musee/professionnels/Presse/DP%20Bretagne.pdf

 

Albert-Kahn, musée et jardin départementaux, 
10-14, rue du Port, 92100 Boulogne-Billancourt

 

Photos : « Foire aux cochons sur la place du Marchallac’h », Lannion, Côtes-d’Armor et « La table des Marchands, environs de Locmariaquer », Morbihan.

 

 

 

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