Louis Jouvet

jouvet-louis-portrait-01-gLouis Jouvet est un acteur français, metteur en scène et directeur de théâtre, professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, né le 24 décembre 1887 à Crozon (Finistère), mort le 16 août 1951 à Paris.

Élève studieux et docile, sa famille l’oblige à entreprendre des études pour devenir pharmacien, à Toulouse. À partir de 1904, il étudie à la faculté de médecine de Paris, mais passe tout son temps libre dans les théâtres amateurs de l’époque : dans la troupe de Léon Noël, puis celle du Théâtre d’Action d’Art de 1908 à 1910 (il part alors en province jouer devant des auditoires populaires), ensuite celle du Théâtre des Arts, puis à l’Odéon, et au Châtelet. En parallèle, il se présente au concours d’entrée du Conservatoire d’Art dramatique de Paris, où il sera recalé trois fois (comme Bernard Blier, Dominique Blanc ou Antoine Vitez). En 1913, il est engagé avec son ami Charles Dullin par Jacques Copeau, alors directeur du Théâtre du Vieux-Colombier. C’est un véritable tournant dans sa carrière : il y est régisseur, décorateur, assistant et enfin comédien. Il masque alors son bégaiement par une diction syncopée qui le rendra célèbre par la suite. En 1914, la Première Guerre mondiale éclate, Louis Jouvet est mobilisé comme ambulancier, puis comme médecin auxiliaire. Démobilisé en 1917, il retrouve la troupe du Vieux-Colombier. En novembre 1917, la troupe du Vieux-Colombier s’installe à New York, au Garrick Theater, pour deux saisons. Le succès obtenu n’est pas à la hauteur des attentes ; les relations entre Jouvet et Copeau se dégradent.

En 1920, c’est le retour à Paris : le Vieux-Colombier rouvre ses portes. En 1922, Jouvet rompt avec Jacques Copeau. Commence alors sa carrière de metteur en scène, il installe sa propre troupe au théâtre des Champs-Élysées où il remporte l’année suivante son premier grand succès avec Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romains, qu’il jouera 1500 fois. En 1928, il rencontre Jean Giraudoux dont il crée plusieurs pièces. À partir de 1935, il dirige le théâtre de l’Athénée où il donne la première de La guerre de Troie n’aura pas lieu (1935), d’Ondine (1939). Gaston Baty, Charles Dullin, Georges Pitoëff et Jouvet fondent le 6 juillet 1927 une association d’entraide, le « Cartel des Quatre », qui durera jusqu’en 1940. L’objectif : faire en sorte que le théâtre crée une poésie qui lui soit propre, et faire jouer des auteurs contemporains. On lui propose la direction de la Comédie-Française, qu’il refuse car il est trop occupé par celle de son propre théâtre. À l’Athénée, il triomphe avec des œuvres de Molière, celles écrites par son ami Jean Giraudoux, et diverses autres issues du répertoire classique.

En 1945 Louis Jouvet reprend la direction du théâtre de l’Athénée qui depuis lui a accolé son nom. Là il crée La Folle de Chaillot (1945). Le 30 juillet 1950, il reçoit la Légion d’honneur. Il aide également les nouvelles figures du théâtre et de la décentralisation théâtrale, Maurice Sarrazin, André Barsacq, Jean-Louis Barrault et Jean Vilar notamment, et met en scène Le Diable et le Bon Dieu, pièce écrite par Jean-Paul Sartre en 1951 au Théâtre Antoine à Paris.

Au cinéma, il joue dans trente-deux films, dont quelques chefs-d’œuvre passés à la postérité. Quai des Orfèvres de Henri-Georges Clouzot, pour beaucoup l’un de ses meilleurs rôles ; Hôtel du Nord aux côtés d’Arletty et son fameux « atmosphère, atmosphère » et Drôle de drame, dans lequel il donne à Michel Simon la réplique devenue célèbre : « Moi j’ai dit « bizarre, bizarre » ? Comme c’est étrange… […] Moi, j’ai dit « bizarre », comme c’est bizarre. »

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