Service Social Breton (75015)

porte-ssbLe Service Social Breton 28, rue du Cotentin 75015 Paris.

Geneviève de Blignières, originaire de Pleudihen-sur-Rance en Ille-et-Vilaine, arrive à Paris en 1926. Elle est choquée par le sort de ses compatriotes. Alors étudiante à l’Institut supérieur d’économie sociale et familiale, elle visite la prison de Saint-Lazare et constate que 30 à 40% des détenues sont bretonnes. La Bretagne est alors un pays pauvre. Les salaires sont bas et les conditions de vie difficiles. Pour nombre de jeunes Bretonnes, Paris apparaît comme le nouvel Eldorado. Elles sont des milliers à prendre le train et à débarquer sur les quais de la gare Montparnasse où la réalité est, en fait, toute autre. Sans argent ni relation, ne “baragouinant” que quelques mots de français, ces “naïves et confiantes” Bretonnes deviennent des proies faciles pour les proxénètes.

En 1933, Geneviève de Blignières s’engage dans l’Œuvre des gares, un service chargé d’accueillir toutes les déracinées pour qu’elles échappent aux trafics de la prostitution. Après la guerre, Geneviève de Blignières, s’inquiétant de voir les Bretonnes arriver de plus en plus nombreuses, prend conscience de l’urgence d’un service spécialisé. Le Service social breton voit alors le jour en 1960 sous la forme d’une permanence dans un local dans la gare Montparnasse. Mademoiselle de Blignières et son équipe y reçoivent, orientent et règlent sur place les problèmes. En 1961, on note dans les rapports 6 732 interventions. Parfois le recours à la médecine et à la psychologie est nécessaire. Ce qui la fait rêver d’un foyer d’hébergement avec restauration et dispensaire. Il lui faudra onze ans pour concrétiser ce projet, le temps de trouver un terrain derrière la gare ainsi que les fonds nécessaires auprès des cinq départements bretons. En 1971, le Service social est reconnu d’utilité publique. Il n’ouvrira que deux ans plus tard. Et entre-temps, l’activité a doublé, atteignant 13 741 interventions en 1972.

Le Service social breton ouvre enfin ses portes en 1973, au 28 rue du Cotentin. Un Centre d’hébergement de réinsertion sociale pris en charge par la Ddass, un dispensaire complété d’un service radiologique et psychiatrique ainsi qu’un foyer de jeunes travailleurs se partagent les 5 000 m2. Une équipe d’éducateurs, de psychiatres, de personnels soignants, d’assistantes sociales, une quarantaine de personnes en tout, accueillent les jeunes femmes.

En 1992, le Service social cesse son activité pour rouvrir un an plus tard sous la forme unique d’un foyer de jeunes travailleurs. « De l’aide sociale, on est passé à une aide socio-éducative, explique Sylvie Beriau-Darrasse, directrice depuis 2002. Les jeunes femmes qui arrivent au foyer, sont très bien formées et ont une très bonne vision des perspectives professionnelles ». Sur les 300 à 310 jeunes femmes qui passent au foyer chaque année, 40 à 60% sont bretonnes. Elles exercent les métiers d’aide soignante, infirmière ou médecin. Elles travaillent dans les ministères, dans les médias ou l’édition. D’autres sont mannequins, coiffeuses ou vendeuses… »60% d’entre elles, précise la directrice, s’installent ensuite définitivement à Paris ». Preuve, s’il en est, que le service social breton favorise toujours l’insertion des Bretonnes dans la capitale.

 

extrait d’un article paru dans la revue Bretons le 01/05/2008, écrit par Gwénaëlle Loaëc

http://www.service-social-breton.org

 

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