La Motte-Picquet

La_Motte_Picquet_portraitToussaint-Guillaume Picquet, comte de La Motte, dit La Motte Picquet, né le 1er novembre 1720 à Rennes (Ille-et-Vilaine) et mort le 10 juin 1791 à Brest, est un officier de marine français du XVIIIe siècle. Au cours d’une carrière de plus de cinquante ans, sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, et pendant la guerre de Sept Ans et la guerre d’indépendance des États-Unis, il prit part à 28 campagnes. La Motte-Picquet est né dans une famille de petite noblesse bretonne. Son grand-père, Jean Picquet, seigneur de La Motte, était greffier civil en chef au Parlement de Bretagne en 1684, secrétaire du roi en sa chancellerie de Bretagne en 1698. Son père Guy Picquet, seigneur de La Motte sera conseiller au Parlement de Bretagne à partir de 1701. La Motte Piquet entre aux gardes-marines de Brest le 11 juillet 1735, à l’âge de 15 ans. Il embarque en 1737 à bord de la Vénus envoyée se battre contre les Salétins, des corsaires barbaresques. Il est nommé sous-brigadier des gardes de la marine le 1er janvier 1743 et aide d’artillerie, le 10 décembre suivant. La Motte navigue en mer des Antilles, dans l’Atlantique et dans la mer des Indes. Il est promu lieutenant de vaisseau en 1754.

Il participe successivement à la Guerre de Sept Ans (1756-1763), à la Guerre d’indépendance des Etats-Unis, au Combat de la Martinique (18 décembre 1779), aux Campagnes aux Antilles (1780). Quelques mois avant le début de la guerre de Sept Ans, en 1755, La Motte-Picquet est nommé au commandement de la corvette La Sensible, avec laquelle combat pendant une heure contre une frégate anglaise de trente-six canons. Au mois d’octobre de l’année suivante, il est fait chevalier de Saint-Louis. Il est promu capitaine de vaisseau en 1762. En 1775, il est appelé par le secrétaire d’État à la Marine, de Sartine pour aider à réorganiser la marine française. La même année, le roi lui accorde une pension de 800 livres. Promu chef d’escadre le 22 mai 1778, il prend rang le 1er juin. Il est chargé, avec sept vaisseaux et trois frégates, de conduire au-delà du Cap Finistère un convoi américain, il remplit avec succès sa mission, sans avoir été attaqué par les Anglais. Après s’être concerté avec le général Lincoln, le comte d’Estaing charge La Motte-Picquet d’effectuer, à la fin du mois d’août 1779, avec une escadre de sept vaisseaux, le débarquement des troupes destinées faire le siège de Savannah (Géorgie). Le siège ayant échoué, il fait voile avec trois vaisseaux pour la Martinique. Au mois de janvier 1780, La Motte-Picquet reprend la mer avec six vaisseaux et six frégates, pour croiser dans les îles anglaises des Antilles. Il rentre au bout d’un mois, ramenant plusieurs prises. Au mois de mars de la même année, il sort à nouveau de la Martinique avec quatre vaisseaux, pour escorter jusqu’à Saint-Domingue un convoi de quatre-vingts navires marchands. Le 25 avril 1781, La Motte-Picquet appareille de Brest à bord de L’Invincible avec six vaisseaux et deux frégates, pour aller croiser sur les côtes d’Angleterre. Le 2 mai, il rencontre un convoi de trente navires marchands, chargé du butin pris par les Anglais à Saint-Eustache, et escorté par quatre vaisseaux sous les ordres de l’amiral Rodney et du commodore Hotham, qui se sauvent en apercevant l’escadre française. Elle capture vingt-six bâtiments et les amène à Brest. Vendus en masse à des négociants de Bordeaux, ils rapportent environ huit millions de livres. Louis XVI  accorde à La Motte-Picquet une pension de 3 000 livres sur le Trésor royal. Depuis cette époque jusqu’à la paix, La Motte-Picquet commande une escadre de douze vaisseaux, dans la flotte combinée, soit en croisière sur les côtes d’Angleterre, soit au siège de Gibraltar. Il est promu au grade de lieutenant général des armées navales en janvier 1782.

La Motte-Picquet a été décoré du cordon rouge de Commandeur de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, en 1780, à l’occasion de son combat du Fort-Royal, et lieutenant général des armées navales en janvier 1782 ; il est nommé grand’croix en 1784. Il reçoit une pension de 4 000 livres sur le budget de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, par brevet du 20 août 1784; et en 1787, une pension de 1 000 livres sur le budget des Invalides.

 

La Motte-Picquet a donné son nom à une avenue parisienne, l’avenue de La Motte-Picquet et à une station de métro de Paris, La Motte-Picquet – Grenelle (lignes 6, 8 et 10) dans le 15e arrondissement.

 

 

 

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