Jean-Denis Lanjuinais

Jean-Denis_LanjuinaisJean Denis Lanjuinais (né le 12 mars 1753 à Rennes le 13 janvier 1827 à Paris), était un juriste et homme politique français de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Jean-Denis Lanjuinais était le second des quatorze enfants de « noble maître » Joseph Anne Michel Lanjuinais, avocat au Parlement de Bretagne et de Hélène Marguerite de Capdeville (fille de Pierre-Denys de Capdeville, écuyer, écrivain principal des vaisseaux du roi à Port-Louis).

Sa famille est originaire de la paroisse de Pleumeleuc et appartient à la petite bourgeoisie. Lanjuinais effectue de brillantes études de droit à la faculté de droit de Rennes. Il devient grâce à une dispense d’âge avocat et docteur en droit en 1771.

Député pour la sénéchaussée de Rennes aux États généraux de 1789, puis député d’Ille-et-Vilaine à la Convention nationale, il poursuit sa carrière politique comme sénateur du Premier Empire et membre de la Chambre des pairs sous la Restauration.

En 1789, Lanjuinais est désigné comme rédacteur des cahiers de doléances du tiers état de la sénéchaussée de Rennes, dans lesquels il demande notamment l’abolition des droits féodaux et de la noblesse en tant qu’ordre. Il est élu, le 17 avril 1789, député du tiers état aux États généraux et devient, avec Le Chapelier, un des principaux fondateurs du Club breton, ancêtre du Club des Jacobins.

Le Serment du Jeu de paume par David, musée Carnavalet.

Serment_du_Jeu_de_Paume_-_Jacques-Louis_David

Dès le 19 juin, Lanjuinais demande la création d’un comité des subsistances ; participe, le 23, aux événements qui amenèrent la séance du Jeu de Paume, et figure à ce titre dans le célèbre tableau de David. Quelques jours après, il censure les formes impérieuses « J’ordonne, je veux », dont Louis XVI s’était servi dans la séance royale, déclarant « qu’elles ne devaient plus trouver place dans le langage parlementaire ».

Orateur prolixe, ses discours brefs, incisifs, et toujours véhéments, font une forte impression sur l’Assemblée. Lanjuinais se montre un ferme opposant aux privilèges.Le 28 juillet 1793, il est déclaré traître à la patrie par la Convention nationale. Rendu à la liberté quelques mois après le coup d’État du 9 thermidor, Lanjuinais est en outre réintégré, le 18 ventôse an III (8 mars 1795), dans ses fonctions de représentant. Pendant la Convention thermidorienne, Lanjuinais est l’un des anti-jacobins les plus virulents.

Sous le Directoire, après la session conventionnelle, Lanjuinais est élu, le 22 vendémiaire an IV, « député » au Conseil des Anciens par 73 départements, il opte pour l’Ille-et-Vilaine, prend plusieurs fois la parole et quitte l’Assemblée le 1er prairial an V.

En mars 1814, lorsque Paris est investi par les alliés, Lanjuinais se réunit à Lambrechts et à Grégoire pour voter la déchéance de l’Empereur et l’établissement d’un gouvernement provisoire. Rallié à Louis XVIII qui le nomme membre de la Chambre des pairs le 4 juin 1814, il combat la loi de censure du 21 octobre1, et s’oppose vivement à la proposition du maréchal Macdonald relative à l’indemnité des émigrés, pour la limiter seulement aux personnes réellement indigentes. En mars 1815, Lanjuinais se retire à la campagne, n’offre qu’un timide soutien au retour au pouvoir de Napoléon Ier, s’abstient de prêter serment à l’Empereur.

Il combat en 1802, l’élévation de Bonaparte au Consulat « à vie » (Constitution de l’an VIII), et en 1804, son élévation à l’Empire (Constitution de l’an XII). Il est cependant nommé, le 9 vendémiaire an XII, membre de la Légion d’honneur et, le 25 prairial de la même année, commandant du même ordre ; puis, le 23 mai 1808, il est créé comte de l’Empire. Il étudie vers la même époque les théogonies orientales, apprend, malgré son âge, l’anglais et l’allemand, préside l’Académie celtique, se lie avec les plus savants orientalistes de l’époque, et succède en 1808 à Bitaubé comme membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

En mars 1814, lorsque Paris est investi par les alliés, Lanjuinais se réunit à Lambrechts et à Grégoire pour voter la déchéance de l’Empereur et l’établissement d’un gouvernement provisoire. Rallié à Louis XVIII qui le nomme membre de la Chambre des pairs le 4 juin 1814, il combat la loi de censure du 21 octobre1, et s’oppose vivement à la proposition du maréchal Macdonald relative à l’indemnité des émigrés, pour la limiter seulement aux personnes réellement indigentes.

En mars 1815, Lanjuinais se retire à la campagne, n’offre qu’un timide soutien au retour au pouvoir de Napoléon Ier, s’abstient de prêter serment à l’Empereur. Rayé de la liste des Pairs, le collège de département de la Seine le nomme, le 7 mai 1815, représentant à la « Chambre des Cent-Jours ». Lanjuinais siège parmi les libéraux hostiles au régime autoritaire de Napoléon.

Lors de la constitution du bureau, le 4 juin 1815, Lanjuinais réunit 189 suffrages pour la présidence, contre Merlin de Douai, candidat de l’Empereur, qui n’en a que 49. Napoléon tient un conseil d’État pour savoir s’il ratifierait cette élection ; puis il fait venir l’ancien sénateur et lui demande, dit-on : « Me haïssez-vous ? » Sur sa réponse négative, Napoléon, d’après un récit de M. Victor Lanjuinais, dans une notice sur son père, aurait embrassé le président élu et envoyé Regnault de Saint-Jean-d’Angély porter à la Chambre son acceptation. À la présidence, son rôle est assez passif jusqu’à la défaite de Waterloo (18 juin). Avec Fouché et La Fayette, il prend la tête du mouvement prônant l’abdication de l’empereur.

Le 13 juillet, Louis XVIII dissout la Chambre, ce qui met fin au mandat de Lanjuinais. Néanmoins, le roi le maintient à la Chambre des pairs par une mesure exceptionnelle, et le nomme président du collège électoral de Rennes, au moment de la convocation de la nouvelle Chambre.

Sous la Seconde Restauration Lanjuinais se range dans le camp des royalistes constitutionnels, combattant avec ténacité les ultra-royalistes.

En 1816, il se prononce contre la suppression des pensions des prêtres mariés, contre la restitution au clergé des biens nationaux non vendus, contre le rétablissement des cours prévôtales (27 décembre) et contre la loi d’amnistie qu’il qualifie de « loi de proscription ».

En 1920 Lanjuinais publie à de nombreux articles sur la politique et la religion, dont ses Constitutions de la nation française (1819), puis plusieurs publications dans lesquelles il dénonce l’ultramontanisme*.

*orientation favorable à la primauté, spirituelle et juridictionnelle, du pape sur le pouvoir politique, en matière religieuse et notamment de nomination des évêques, par opposition au gallicanisme.

Lorsqu’il meurt  le 13 janvier 1827, d’une rupture d’anévrisme, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, 30e division, « avenue des Peupliers ».

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