Germaine Campion


La rencontre en 1937 entre le père André-Marie Talvas et Germaine Campion, alors prostituée dans le quartier des Halles à Paris et malade alcoolique, est à l’origine du Nid et du Mouvement Vie Libre.
À partir de cette rencontre, le père Talvas va réaliser que la prostitution est « l’une des pires formes de mépris des personnes et le résultat d’une incroyable incompréhension entre les hommes et les femmes ». Germaine Campion va transformer son appartement en lieu d’accueil pour les femmes en difficultés. Proche de l’Action catholique ouvrière, le Père Talvas va mobiliser des militants du catholicisme social pour organiser plus de lieux d’accueil.

En 1946, le Nid est fondé, en référence à l’ambiance chaleureuse d’un des premiers lieux d’accueil. Il deviendra rapidement l’amicale du Nid. Le Nid est engagé dès sa fondation dans le soutien à la loi de fermeture des maisons closes par la loi dite « Marthe Richard ». Son but : « accueillir des jeunes femmes abandonnées avec ou sans enfant en vue de les adapter ou les réadapter à la vie sociale ». Ses moyens : « création de centres et foyers, publication de revues et bulletins, organisation de conférences »

Une femme Germaine CAMPION, alors qu’elle revenait chez elle pour mourir, est conseillée par une amie de sa mère. Elle va voir un jeune vicaire qui lui dit :  » Madame, vous êtes malade, un jour vous guérirez. Jamais je ne vous abandonnerai « . Cette rencontre eut lieu à PARAMET/SAINT MALO en 1937. Ce compagnonnage d’une femme malade et d’un homme qui croyait en la guérison dura 11 années. En 1948, Germaine CAMPION fait sa cure et devient abstinente. Elle avait dit :  » Si un jour je guéris, j’irai le dire à tout le monde « . Ce compagnonnage dura et ne s’arrêta pas à la guérison. Fondé par André-Marie TALVAS et Germaine CAMPION, l’association VIE LIBRE dite « Mouvement » est né en 1953

Less premières réunions ont eu lieu au Nid au 80, boulevard du général Leclerc à Clichy.

André-Marie Talvas est né le 28 avril 1907 à Chauvigné (Ille-et-Vilaine) et meurt le 28 février 1992 dans une maison de repos à Saint-Germain-en-Laye. En 1919, il commence à travailler avec son père artisan chaisier. « j’ai donc grandi dans un monde où j’ai vu les ravages de l’alcool chez les hommes, les femmes, dans les couples, dans les familles. » En 1927, il entre au séminaire des vocations tardives à Saint-Hilan. Il rencontre le père Guérin, fondateur de la JOC, vicaire à Clichy. Pendant son service militaire à Versailles, il découvre le quartier Pigalle de Paris. Il est ordonné à Rennes le 6 juillet 1935. Vicaire à Saint-Erblon, en paroisse rurale et ouvrière, puis à Paramé, près de Saint-Malo.

En 1937, il rencontre Germaine Campion dans l’église Saint-Eustache : par la suite, il lui dit au cours d’une confession : « Madame, vous avez oublié de dire que vous buvez – Oui, lui dis-je, et je suis perdue. – Non, Madame, vous êtes malade. Un jour vous guérirez… Madame, ne pleurez pas. Je ne vous abandonnerai jamais. » Sa guérison prendra 11 ans ! Mobilisé à Versailles en 1939, le père Talvas est fait prisonnier pendant la bataille de France et envoyé neuf mois au Stalag XII à Limbourg, près de Francfort. De retour à Paramé en 1941, il loue un manoir, « le Pont Pinel » pour accueillir des femmes en difficulté, avec la participation de Jeanne Grandmougin et de Germaine Campion. « Toute l’action repose sur le postulat que l’amour et le respect de l’Homme peuvent vaincre la force brutale, l’inertie, les situations jugées désespérées et sans issue. C’est cette force-là qui peut faire basculer le Monde.

En 1943, il est nommé à Paris comme aumônier national Adjoint du M.P.F. Il travaille avec les aumôniers d’Action Catholique spécialisée. Avec Maggy Boire, jociste bretonne, et des membres des mouvements, il démarre à Paris les activités du Nid : rencontre et accueil des femmes prostituées. Il participe alors au développement du courant abolitionniste. Jeanne Grandmougin le rejoint à Paris en 1945. L’association « Le Nid » est fondée en février 1946. En août elle devient « L’Amicale du Nid ». Il agit pour la fermeture de maisons avec la loi dite « Loi Marthe Richard – 13 avril 1946 ». Germaine Campion arrive à Paris. En 1947, il rencontre le Dr Lecoq, médecin à Saint-Germain-en-Laye, spécialiste en alcoologie. En 1948, Germaine Campion fait une cure de désintoxication. Avec Elle, il crée « l’Entraide » qui devient le mouvement « Vie Libre ». Il participe à la création de revues qui deviendront « Prostitution et Société » en 1987. Une équipe masculine est créée en 1952. en 1953, il participe à la préparation et à la réalisation du film « Les Compagnes de la nuit » avec Raymond Pellegrin et Nicole Courcel. Une vaste campagne d’information de l’opinion et des pouvoirs publics est lancée.

Une vaste campagne d’information de l’opinion et des pouvoirs publics est lancée. Le mouvement est créé au Brésil avec Mgr Antonio Fragoso, évêque de Cratéus (Nord-Este) en 1954. En 1959, le Père Talvas donne des cours à l’Institut Catholique de Paris. Il milite pour la signature par la France de la Convention internationale du 2 décembre 1949 : « Convention pour la Répression de la Traite des êtres Humain et de l’Exploitation de la Prostitution d’Autrui ». En 1963, il crée le groupe « Les Volontaires de l’Amitié », rencontre et accueil d’hommes marginalisés. Il rédige, en 1964, un mémoire sur la prostitution à l’intention du Concile Vatican II. Il provoque Michèle G. à publier son histoire : Du trottoir à la liberté. En 1976, le Père Talvas cesse sa fonction d’Aumônier National du Mouvement du Nid.

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