Geneviève-Elizabeth Francart-Disdéri

Genevieve_Elisabeth_Disderi_Interior_of_St._MathieuÉlizabeth Francart est née à Brest vers 1817 et est fille d’un industriel de cette ville, fille de Nicolas Francart et de Geneviève Joséphine Ternois. Elle est reconnue à l’étranger comme l’une des rares femmes photographes de l’époque. Elle fut exposée aux Etats-Unis lors de rétrospectives et son nom figure dans le répertoire des femmes photographes en tant que l’une des pionnières de cet art. Un article de Jean FOUCHER paru dans le numéro d’avril 1984 de la revue « Les Cahiers de l’Iroise » apporte un éclairage important sur la vie d’Élizabeth Francart-Disdéri en Bretagne.

Adolphe Disdéri son époux se fait connaître par les portraits et son invention de la photographie format « carte de visite ». Adolphe Eugène est né le 28 mars 1819. Il est le fils d’André Disdéri (1788-1840) et d’Eugénie Mérigo ou Mérigot.

Selon Jean Foucher, c’est en 1848 que les Disdéri-Francart auraient ouvert un atelier de photographie à Brest. L’activité principale des photographes est le portrait, par contre, en ces débuts de la photographie, les vues d’extérieur sont relativement rares du fait de la lourdeur et de l’encombrement du matériel ainsi que de la durée importante du temps de pose nécessaire.

C’est pourtant par 2 clichés d’extérieur illustrant la Bretagne qu’Elizabeth Francart-Disdéri s’est fait connaître :

« Ruines de l’abbaye de la Pointe St Mathieu à côté de Brest » Cette photographie datée environ de 1856 est signée à l’encre Me Disdéri et en technique albumen print tout comme la suivante.

« Groupe dans le cimetière de Plougastel-Daoulas » La date est identique 1856 et la technique à l’albumine ou collodion aussi mais elle n’est pas signée.

Ces clichés, selon la spécialiste américaine, sont remarquables par leur qualité technique mais également leurs qualités artistiques de composition et de mise en scène des personnages.

Début janvier 1854, Adolphe Disdéri regagne la capitale et va s’y faire un nom. En 1854, Disdéri lance la photographie « carte de visite » qui va participer à l’essor de cette nouvelle pratique, perçue rapidement comme une menace pour les « Beaux-Arts » par sa capacité de reproduction aisément accessible à un grand nombre et il va devenir un des photographes les plus en vue sur la place parisienne. Installé 8 Bd des Italiens, il donne aussi des cours de photo. En 1855, il est le photographe officiel de l’exposition universelle de Paris.

Élizabeth aurait gardé un atelier de Brest jusqu’en 1858 puis à son tour regagné la capitale. En 1856, elle a rassemblé plusieurs vues de la pointe de la Bretagne dans un ouvrage intitulé Brest et ses environs. Corinne Jeanneau et Gérard Berthelom présentent dans leur livre sur les photographes au XIXe siècle, une vue du port de Brest par « Mme Disdéri photographe » datée précisément du 15 septembre 1856 et fixant par l’image des bâtiments aujourd’hui disparus.

A Paris Elizabeth ouvre un studio au 146 rue du Bac. D’après le Bottin elle garde son activité jusqu’en 1878.

Élizabeth Francart-Disdéri décède en 1878 à Paris.  Son acte de décès  du 16 décembre 1878, indique qu’elle est toujours l’épouse de Disdéri et qu’elle est sans profession. Elle demeure  rue  Balagny, au N°53.

Bibliographie

Jean Foucher , Les Cahiers de l’Iroise, avril 1984

Michèle et Michel Auer, Encyclopédie internationale des photographes de 1839 à nos jours, éditions Caméra Obscura, Suisse, 1985

Gérard Berthelom, Corine Jeanneau, Photographes au XIXème siècle, Les nouveaux imagiers de la Bretagne, Coop Breizh, 2006

 

Un cliché de Elizabeth Disderi du port de Brest figure au début de l’exposition du Musée de l’Orangerie. Il est conservé à la BNF.

« Qui a peur des femmes photographes ? de 1839 à 1919 » du 14 octobre 2015 au 24 janvier 2016.

 

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