Erik Marchand

Erik-Marchand-photo-Eric-LegretErik Marchand naît à Paris, d’une mère périgourdo-alsacienne et d’un père gallo-lorrain. D’une famille originaire de Quelneuc, dans le Morbihan, il vit son enfance entre un grand-père qui chante et un père guitariste. Amateur de musiques du monde, le jeune homme découvre adolescent un enregistrement de fest-noz que son père possède : « En passant par la Bretagne, du kan ha diskan » par Eugène Grenel et Albert Bolloré. C’est le déclic. Il commence par enregistrer les chanteurs de sa famille, autour de Quelneuc. Collecteur de paroles de chants bretons, il travaille dans ce cadre à partir de 1976 pour Dastum. Fasciné par les gwerzioù qu’il entend, il décide de les interpréter à son tour.

En pays de Redon, un an après ses cousines Réminiac, victorieuses en 1974, il remporte la prestigieuse Bogue d’or en 1975, avec l’air intitulé Rossignolet du vert bocage. Il chante aussi en gallo dans des festoù-noz parisiens et joue du biniou dans un cercle celtique. Il commence le kan ha diskan* avec Erik Salaün et Yves Castel.

* kan ha diskan que l’on peut traduire par « chant et contre-chant », « chant et re-chant » ou « chant et déchant », est en Bretagne, un chant a cappella traditionnel en breton. Le Kan ha Diskan est une technique de chant à danser, qui implique un minimum de deux chanteurs. Ils chantent alternativement, sur un principe de tuillage (le deuxième chanteur commence son phrasé sur la dernière syllabe de celui du premier chanteur, qui reprendra de la même manière). Cette technique s’adapte à toutes les danses (fisel, plinn, gavottes, ronds…).

En 1975, au lendemain de son baccalauréat, il s’installe définitivement en Bretagne pour devenir l’un des premiers chanteurs traditionnels professionnels. Il chante en pays gallo avec le duo réputé Gilbert Bourdin et Christian Dautel, puis met le cap sur le mythique Kreiz Breizh et la région de Rostrenen. Manuel Kerjean, qu’il découvre dans un fest-noz à Paris, lui enseigne le chant, la culture et la langue bretonne. Ce grand chanteur du pays Fisel, qu’Erik Marchand appelle « ma mestr » (mon maître), le loge dans sa ferme pour une immersion totale, participant, avec son ami sonneur Patrick Molard, aux travaux des champs.

Un peu touche-à-tout, il pratique la treujenn gaol (clarinette, en breton) et passe du chant de marin au disque de chants du Pays gallo. Il participe à la création du groupe Gwerz en 1981. En apportant au chant traditionnel des arrangements inspirés par les formules musicales locales, le groupe élargit l’horizon de la musique bretonne. En quelques années, la formation de ses six musiciens devient quasiment mythique et marque le début du « traditionnel contemporain ». Victime des activités multiples de ses membres, le groupe fait une pause après l’album de 1988 et ne joue que ponctuellement depuis l’album live de 1992. En 1988, il rencontre l’Angevin Titi Robin qui l’aide au collectage musical de Centre-Bretagne. Leur travail est publié sur l’album An Henchoù Treuz (prix de l’Académie Charles-Cros) dans lequel il pose son chant sur l’oud oriental et autres instruments à cordes de Thierry Robin. Ils se produisent également en trio avec le percussionniste rajasthanais Hameed Khan au tabla indien, association qui donne naissance à l’album An Tri Breur.

Passionné de voyage, il parcourt l’Amérique du Nord avant de se lancer à la découverte des Balkans. À travers la musique, il trouve toujours un moyen de communiquer, sauta,t les barrières culturelles et se jouant des frontières. Plusieurs fois par an, il sillonne l’Europe du Sud-Est, du Banat roumain à l’Albanie ou à la Serbie. Il étudie la musique traditionnelle de la Roumanie et de ses tarafs (orchestres).

Il évolue également au sein du Quintet de clarinettes (13 et 24 clés) ou en compagnie du guitariste rock metal Rodolphe Burger (album Before Bach), du guitariste jazz Jacques Pellen.

Il cofonde en 1993 avec Jacky Molard et dirige le label Gwerz Pladenn. En 1997, Erik fonde un trio en compagnie du guitariste Jacques Pellen (avec qui il avait mené la Celtic Procession) et du trompettiste sarde Paolo Fresu, aux connotations plus jazz pour la recherche d’un swing breton, polyphonie à trois. Il fonde en 2003 la Kreiz Breizh Akademi, académie populaire de musique modale. Ils se produisent au festival des Vieilles Charrues, festival de Cornouaille. Le sextet AkanA est sa nouvelle création 2012. En 2013, sur son album Ukronia, Erik Marchand revient sur la musique populaire orale du « pays gallo » avant le passage vers la musique savante, jouant sur l’harmonie ancienne et un instrumentarium en partie emprunté aux musiques de la Renaissance (cornet à bouquin, lyra, viole, violone).

 

crédit photo : Eric Legret – Érik Marchand à Chants de Vielles 2014

 

 

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