Emile Bernard à l’Orangerie

640px-Émile_Bernard_Madeleine_au_Bois_d'Amour_1888Le musée de l’Orangerie a consacré une exposition au peintre Emile Bernard jusqu’au 5 janvier 2015. Ce fut l’occasion pour les amateurs de redécouvrir quelques toiles emblématiques de la période bretonne d’un artiste qui a joué un rôle majeur dans l’avènement de la peinture moderne.
L’exposition est consacrée à l’ensemble de l’œuvre d’Emile Bernard et notamment à sa période en Egypte et à Venise, ainsi qu’aux œuvres de la fin de sa vie, marquées par le « retour à l’ordre », et le début du parcours offre une douzaine de toiles de l’école de Pont- Aven.

Profitons de cet évènement pour rappeler la place de la Bretagne et plus particulièrement de Pont-Aven dans les recherches picturales qui succèdent à la mode impressionniste à partir de l’année 1886. Les plus jeunes artistes recherchent alors un nouveau mode d’expression dépassant les jeux de lumière et de mouvement proposés par leurs aînés. La plupart d’entre eux recherchent alors des lieux de composition offrant à la fois une certaine dose d’authenticité, voire de « sauvagerie », et un coût à la hauteur de leur modeste bourse. L’arrière-pays de la Bretagne se fait vite connaitre comme le lieu idéal pour offrir ces atouts aux artistes en recherche de nouvelles sensations. C’est dans ce contexte qu’Emile Bernard s’y rend une première fois en 1886. Bientôt aux côtés de Gauguin, le peintre va proposer une nouvelle école visant à « l’essentiel » de l’expression en peinture. Ce « cloisonnisme », qui évoluera vite vers le « synthétisme », offre alors des toiles qu’il faut aussi regarder avec cet œil des artistes « nabis » de la fin du XIXe siècle, recherchant « authenticité », et « mysticisme ».

Le courant illustre bien des paysages et scènes de vie bretonne de la fin du XIXe siècle. Le visiteur admire en début d’exposition, Le Ribay (1886, Medford, Tufts University Art Gallery), qui démontre les influences impressionnistes sur les débuts du peintre, Paysage breton, ou Bretonne assise (1886, collection privée), L’après-midi à St Briac (1887, Aarau, Aargauer Kunsthaus), Pot de grès et pommes (1887, Musée d’Orsay), La Moisson (1888, Musée d’Orsay), ou encore le célèbre tableau Madeleine au Bois d’Amour (1888, Musée d’Orsay), illustrant le courant synthétique chers aux nabis de cette période.

 

illustration : « Madeleine au Bois d’Amour » 1888, Musée d’Orsay

Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

Vous aimerez aussi...