Auguste Julien Bigarré

200px-Auguste_Julien_BigarréAuguste Julien, comte de Bigarré, né à Le Palais à Belle-Île-en-Mer (Morbihan), le 1er janvier 1775 et décédé le 14 mai 1838 à Rennes est un militaire dont la carrière fut intense au service de Napoléon.

Son père appartient à la magistrature. Douzième de quatorze enfants il n’affectionne guère les études. À 12 ans, il s’embarque comme mousse sur un chasse-marée qui fait le cabotage entre Bordeaux et Brest. À l’âge de 14 ans, Auguste Bigarré s’embarque comme marin pour les Antilles à bord d’un navire Nantais, La Raisonnable. Il fait ses premières armes à 16 ans.

De retour en France, il est nommé en 1793 sous-lieutenant au 9e régiment d’infanterie. En l’an V, il est capitaine de carabiniers dans la 1ère Légion des Francs et fait partie de l’expédition d’Irlande, sous les ordres du général Humbert. Faisant naufrage dans la baie d’Audierne, le 14 janvier 1797, Bigarré rejoint la côte bretonne à la nage. Il fait plusieurs campagnes sous les ordres de Hoche et de Moreau, et se distingue partout. Capitaine de carabiniers au 1er bataillon du 14° d’Infanterie légère, en 1800 il fait sous Moreau, la campagne de Hohenlinden. Le 3 décembre, à Hohenlinden, il s’empare d’un obusier et d’une pièce de huit. Blessé d’une balle au bras, il est cité à l’ordre de l’armée, au combat de Lambach, dans la brigade du général Drouet, futur comte d’Erlon.

En 1801, il est à Luxeuil pour soigner sa blessure quand il rencontre l’épouse du Premier Consul, Joséphine venue en cure avec sa fille Hortense. Auguste en profite pour faire sa demande pour rentrer dans la Garde consulaire. Nommé capitaine dans les chasseurs à pied de la Garde des Consuls, il arrête aux Tuileries, un jour de garde, un ancien soldat, qui gardait rancune à Napoléon pour une injustice commise à son endroit tandis qu’il faisait alors partie des guides, et voulait assassiner le nouvel Empereur. Devenu familier de Malmaison et des Tuileries, Bigarré est de garde à Notre-Dame pour le sacre, le 2 décembre 1804, puis à Milan lors du couronnement de Napoléon comme roi d’Italie. Peu après il obtient sa nomination de major au 4e de ligne et rejoint le Camp de Boulogne sous les ordres de Joseph Bonaparte, colonel du régiment. Il fait avec ce grade les campagnes d’Ulm et d’Austerlitz. A l’issue de cette bataille l’Empereur nomme Bigarré officier de la Légion d’honneur.

Joseph Bonaparte, devenu roi de Naples, appelle Bigarré comme aide-de-camp auprès de sa personne. Il passe alors au service du royaume de Naples. Nommé colonel au 1er Régiment de Ligne napolitain le 3 février 1807, il est chargé d’organiser la 2e de Ligne. Il devient général de brigade le 9 juin 1808. Au départ de Joseph pour l’Espagne, Bigarré le suit avec le même titre et assiste aux diverses batailles commandées par le roi Joseph. Il participe notamment, comme observateur auprès du maréchal Soult au Portugal, à la bataille d’Oporto en 1812, il est envoyé à Paris porteur de messages du roi Joseph. Après la débâcle de Vitoria (21 juin 1813), il est nommé lieutenant-général le 24 juin 1813. Il est versé au service de la France et à la rentrée de l’armée en France, il rejoint l’Empereur, en août. Le 17 septembre, Auguste Bigarré est affecté au 11e corps, au commandement d’une brigade sous les ordres de Macdonald.

Au début de la Campagne de France en 1814, Bigarré est placé à la tête d’une brigade de la jeune Garde sous Boyer de Rebeval, en formation à Paris. Puis en février sous les ordres du maréchal Victor, où il se distingue à la meurtrière bataille de Craonne, le 7 mars. Il y est blessé. Le maréchal Ney vient le complimenter de la part de l’Empereur sur la bravoure avec laquelle sa brigade a tenu la droite de l’armée russe en échec. Nommé divisionnaire à titre provisoire, le 17 mars, l’Empereur lui donne le commandement d’une division de la jeune garde sous les ordres du duc de Trévise. Blessé à nouveau à La Fère-Champenoise, le 25 mars, Bigarré participe néanmoins à la défense de Paris jusqu’au 30 mars 1814.

Après la chute de Napoléon, le roi Louis XVIII l’envoie commander le département d’Ille-et-Vilaine, et lui donne la croix de Saint-Louis et celle de commandeur de la Légion d’honneur. En 1815, il est élu représentant de l’Ille-et-Vilaine et reçoit le commandement de la 13e division militaire à Rennes. Il ne peut empêcher l’explosion de la guerre civile dans le Morbihan. Placé sous les ordres du général Lamarque, commandant en chef des Armées de l’Ouest, il bat les Royalistes à Redon le 4 juin ainsi que le chef Chouan Sol de Grisolles à Auray le 21 juin, trois jours après Waterloo.

Après la bataille de Waterloo on lui ôte son commandement. Il reste en non-activité jusqu’à 1830. À cette date, il prend de son propre mouvement le commandement de la 13e division, puis fut maintenu par Louis-Philippe Ier qui le nomma grand officier de la Légion d’honneur et inspecteur général d’infanterie en 1835 et 1836.

Auguste Bigarré meurt, sans postérité, à Rennes à la suite d’une longue et douloureuse maladie le 14 mai 1838. Il a laissé de très intéressants Souvenirs, rédigés vers 1830, publiés en 1893 et re-publiés il y a peu.

Aujourd’hui, une place de Belle-Ile porte son nom et une plaque commémorative figure à la Citadelle. Une rue de Rennes porte son nom.

Il fait aussi partie des 558 officiers à avoir son nom gravé sous l’arc de triomphe de la place de l’Étoile : 30e colonne.

 

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