Alan Stivell

5533-alan-stivell-400-400Alan Stivell, de son vrai nom Alain Cochevelou, est né le 6 janvier 1944 à Riom (Auvergne). C’est un auteur-compositeur-interprète et musicien français qui milite pour la reconnaissance culturelle, linguistique et politique de la Bretagne. Chanteur, il est aussi multi-instrumentiste : bombarde, cornemuse écossaise, tin whistle, synthés et surtout harpe celtique. Héritier du premier renouveau musical breton avec la création des bagadoù, inspiré par le folk-song et le rock anglo-saxons, il nourrit le mouvement folk des années 1960.

Alan Stivell passe la première partie de sa vie à Paris. À l’âge de cinq ans, il commence l’apprentissage du piano classique. C’est le prototype de harpe créé par son père, originaire de Gourin, qui l’incite à prendre des cours. Le 28 novembre 1953, alors âgé de neuf ans, il se produit avec sa harpe à la « Maison de la Bretagne », à Paris, où l’association Ar Pilhaouer a demandé à son père et à son professeur une conférence sur la harpe celtique. Cette soirée provoque l’enthousiasme des Bretons de Paris. Dès 1953, il commence son apprentissage de la langue bretonne. Dans le bus 96, qui mène du 20e arrondissement au quartier breton de Montparnasse, ou dans le métro, il se perfectionne avec un petit lexique qu’il crée, mettant en parallèle le gallois et le gaélique. Il se produit également, en janvier 1954, à l’Unesco, lors d’une exposition bretonne au « Noël des petits Bretons de Paris ». En 1954 Il commence l’étude de la bombarde puis, vers 1960, celle de la cornemuse (binioù bras en breton, ou encore pib-veur).  En 1957, à treize ans, il interprète trois morceaux solos en première partie de Line Renaud à l’Olympia, lors d’une des premières émissions Musicorama d’Europe 1 et dans l’émission pour enfants de Jean Nohain et Gabrielle Sainderichin.

En 1959, il enregistre, sur l’album Évocation de la Bretagne – Breiz ma bro, le cantique Ar Baradoz (« Le Paradis »), avec Armand Haas, et Ho mamm, avec Yvette Nicol. En 1961, il enregistre son premier 45 tours de harpe solo, intitulé Musique gaélique. En 1964, il enregistre un premier 33 tours instrumental solo, Harpe celtique, composé de morceaux empruntés à tous les pays celtes. L’album est réédité en 1966, sous le nom Telenn geltiek : Harpe celtique, dans une nouvelle pochette dessinée par Alan. Pendant l’été 1966, il choisit son pseudonyme Stivell qui signifie en breton « source jaillissante ». Il est le deuxième chanteur breton à franchir le pas après Glenmor. Dans les années 70 Alan utilise une guitare électrique,  c’est une première en musique bretonne. Il édite, fin 1971, son deuxième 33 tours au titre éloquent, Renaissance de la harpe celtique, qui est salué par la presse française et anglaise et par le prix de l’académie Charles-Cros. Le 28 février 1972, il donne un concert événement à l’Olympia accompagné de nombreux musiciens, notamment du guitariste électrique Dan Ar Braz, du guitariste acoustique multi-instrumentiste Gabriel Yacoub (futur fondateur du groupe Malicorne), de René Werneer et de Michel Santangeli, qui constituent ainsi sa formation mythique. Le succès de ce concert est amplifié par sa retransmission radiophonique en direct par Europe 1, une des trois radios françaises de l’époque qui le diffuse, dans son émission « Musicorama ».

Le musicien représente alors le barde moderne parcourant les routes internationales. En 73, il part en tournée aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre. En 79, il sort la fameuse « Symphonie celtique ». Une formation rock, un ensemble de bombardes et cornemuses, un orchestre symphonique ainsi que la chanteuse berbère Djourha et le sitar de Narendra Bataju sont les interprètes de cette grande fresque musicale. Cette symphonie est jouée au Festival Interceltique de Lorient en 1980 devant 10.000 spectateurs. Stivell se déclare « citoyen du monde de nationalité bretonne ».

Son retour sur le devant de la scène française s’effectue en 91 avec la sortie d’un nouvel album intitulé « Mist of Avalon ». On le voit le 16 mars 99 sur la scène de Bercy pour une immense soirée celte, au milieu de noms comme Gilles Servat et Tri Yann. Le 15 mars 2003, Alan Stivell clôture magistralement la seconde Nuit Celtique devant les 68.000 spectateurs réunis au Stade de France avec un jubilatoire « Tri martolod » et le grandiose final de la « Symphonie celtique. » Explore en 2006 est suivi de trois années de tournée. En septembre 2007, parrain de la Breizh Touch à Paris, Alan Stivell reçoit des mains de Michel Drucker, le neuvième disque d’or de sa carrière.

En février 2012, deux événements marquent le 40e anniversaire du concert historique d’Alan Stivell le 28 février 1972 dans la salle mythique de l’Olympia. Le 13 février, Mercury (Universal) publie un best-of intitulé Ar Pep Gwellañ. Le 16 février, Alan Stivell donne un concert exceptionnel à l’Olympia avec ses musiciens habituels auxquels s’ajoutent, en invités « spéciaux », Dan Ar Braz et René Werneer, tous deux déjà présents à ses côtés en 1972 (cela fait alors 35 ans qu’Alan n’a pas rejoué avec René), Nolwenn Leroy et le bagad Quic-en-Groigne de Saint-Malo mais aussi, en invités surprise, l’Écossaise Joanne McIver, Pat O’May, Robert Le Gall (directeur musical d’Alan dans les années 1990) et Kévin Camus.

En mai 2012 paraît aussi sa biographie, intitulée Alan Stivell, aux éditions Le Télégramme, écrite par l’écrivain et historien Laurent Bourdelas.

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